SERT Y BADÍA (J. M.)

SERT Y BADÍA (J. M.)
SERT Y BADÍA (J. M.)

SERT Y BADÍA JOSÉ MARÍA (1876-1945)

Peintre catalan. Sert y Badía délaisse l’industrie textile familiale pour suivre les cours de dessin à l’École de la Lonja. Il entre dans le Cercle artistique de Saint-Luc dirigé par le père José Torrás y Bages, thomiste, évêque de Vich en 1899, qui exercera sur la vie et sur l’œuvre de l’artiste une grande influence. Après la mort de ses parents en 1897, il se rend à Paris où il se lie rapidement avec de nombreux peintres parmi lesquels Utrillo, A. Besnard, M. Denis, J. É. Blanche, J.-L. Forain; il a des amis influents comme les frères Natanson, directeurs de La Revue blanche . Samuel Bing, décorateur à l’enseigne de «l’Art nouveau», lui offre l’occasion de se faire connaître du public parisien en lui commandant le décor d’une salle à manger pour son pavillon de l’Exposition universelle en 1900. Cette première réalisation de grandes figures mythologiques en camaïeu bleu remporte un vif succès et lui attire de très nombreuses commandes. L’évêque de Vich lui propose de décorer l’intérieur de la nouvelle cathédrale édifiée en 1803. Pour mener à bien cette grande entreprise, il décide d’aller en Italie pour étudier les fresques de la Renaissance, ce sont surtout les exemples vénitiens qu’il retiendra. Dès 1905 il présente à Barcelone les esquisses pour Vich; elles sont acceptées avec enthousiasme, mais les grandes toiles ne seront terminées et mises en place que vingt ans plus tard. Elle furent totalement détruites pendant la guerre civile de 1936, et en 1940 il propose d’exécuter une nouvelle décoration consacrée au mystère de la Rédemption, qui est inaugurée en 1945, quelques jours avant sa mort. Essentiellement peintre de grandes surfaces décoratives, Sert y Badía ne travaille jamais à la fresque, mais peint sur des toiles qu’il fait maroufler sur le mur. Il souhaite redonner à l’art sa fonction sociale en élaborant des œuvres accessibles au plus grand nombre d’individus possible. Mais quatre institutions seulement ont répondu à ce vœu: l’évêché de Vich, les municipalités de Barcelone et de Saint-Sébastien et le Secrétariat de la Société des Nations à Genève. Il doit donc accepter de décorer des appartements privés pour les March, les ducs d’Albe, les Sassoon, les Polignac et les Rothschild. Il acquiert une renommée internationale et est appelé dans toutes les grandes capitales: Bruxelles, Genève, Londres, Rome, Buenos Aires, New York et surtout Paris où il réside le plus longuement. Véritable «chef d’orchestre» selon le mot de Forain, il dirige une importante équipe de collaborateurs, parmi lesquels trois peintres français, La Chateneraye, Huet, Le Vif, et un catalan, Massot. Artiste de tempérament essentiellement baroque, il compose l’espace de ces vastes surfaces selon de grandes diagonales matérialisées par des éléments architecturaux, des bateaux inclinés par la tempête, ou des grappes d’êtres humains. Ces figures massives, modelées à gros traits, sont toujours disposées en équilibre instable comme si elles allaient être précipitées dans un gouffre ou attirées dans l’atmosphère. On citera deux exemples très caractéristiques à cet égard; les scènes de funambules et de danseurs pour la salle à manger du Waldorf-Astoria à New York (1931) et la suite exécutée à la gloire du peuple basque dans le couvent désaffecté de San Telmo à Saint-Sébastien (1934). L’apport le plus original de Sert est son parti pris de monochromie. Sur des fonds dorés ou argentés, les sujets sont traités par des ocres ou des terres de Sienne avec quelques rehauts de carmin ou de bleu. Ce procédé permet des effets de clair-obscur saisissants et confère aux ensembles décoratifs une unité évidente.

Parmi les amitiés que s’acquit Sert y Badía, celle de Claudel occupe une place à part. C’est à lui que Claudel dédiera son œuvre capitale, Le Soulier de satin , et consacrera plusieurs textes: «José María Sert et sa cathédrale» (in Positions et propositions , I); «Une visite au palais de la S.D.N.» (in L’Œil écoute ); «La Mort de José Maria Sert» (in Le Figaro du 14 déc. 1945): «José María Sert a été pour notre génération assombrie un prodigieux entrepreneur de spectacles [...]. L’Art perd [en lui] le dernier représentant de la grande peinture.»

Encyclopédie Universelle. 2012.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Sert y Badia, José María — ▪ Spanish painter born Dec. 21, 1874, Barcelona, Spain died Nov. 27, 1945, Barcelona       painter whose modern Baroque murals achieved international recognition. His work adorns the walls of such buildings as the assembly hall of the League of… …   Universalium

  • Condado de Sert — Corona condal Primer titular Francisco Sert y Badía Concesión Alfonso XIII 28 de novie …   Wikipedia Español

  • José Maria Sert — José María Sert y Badía (* 21. Dezember 1876 in Barcelona; † 27. November 1945) war einer der führenden Maler der spanischen Kunstszene des 20. Jahrhunderts. Leben Sert war der Sohn eines bekannten Künstlers, der in Barcelona für Entwürfe von… …   Deutsch Wikipedia

  • Josep Maria Sert — Josep Maria Sert. Josep Maria Sert i Badia (Barcelona, 21 de diciembre de 1874 – ídem, 27 de noviembre de 1945) fue un pintor español. Destacó principalmente como muralista, recibiendo numerosos encargos de decoración tanto de edificios públicos… …   Wikipedia Español

  • Josep Maria Sert — (Selbstbildnis) Josep Maria Sert i Badía (* 21. Dezember 1876 in Barcelona; † 27. November 1945) war einer der führenden Maler der spanischen Kunstszene des 20. Jahrhunderts. Leben und Werk Sert war der Sohn eines bekannten Künstlers, der in …   Deutsch Wikipedia

  • José Maria Sert — Pour les articles homonymes, voir Sert. José Maria Sert Nom de naissance José Maria Sert …   Wikipédia en Français

  • Jose Maria Sert — José Maria Sert José Maria Sert José Maria Sert y Badía, né le 21 décembre 1876 à Barcelone et mort le 27 novembre 1945 était un peintre et photographe espagnol du XXe siècle. Fils d un célèbre artiste tapissier catalan, José Maria Sert …   Wikipédia en Français

  • CATALOGNE — Les Pyrénées, l’Èbre et la Méditerranée: entre ces limites s’étend la Catalogne ibérique. Sa position excentrique dans la Péninsule, la barrière pyrénéenne qui l’isole de l’Occident, l’Èbre formant frontière avec le reste de l’Espagne, les… …   Encyclopédie Universelle

  • Marquesado de Lamadrid — Corona marquesal Primer titular Eusebio López y Díaz de Quijano Concesión Alfonso XIII …   Wikipedia Español

  • Mdiwani (Adelsgeschlecht) — Serge Mdiwani und Pola Negri, um 1930 Das Haus Mdiwani (georgisch მდივანი) entstammte aus dem niederen georgischen Adel. Kluge Heiratspolitik und das klare Erkennen politischer Chancen ermöglichten ihnen einen gewaltigen sozialen Aufstieg unter… …   Deutsch Wikipedia

Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”